The Writing On The Wall


Something was wrong.

The writing was on the wall. But she just kept erasing the words. And he kept making her look the other way.

He wanted to stay in the “honeymoon stage” to enjoy the beauty of the first moments. She understood chastity. And since Western girls are known to be sluts, she hoped she would have the stamina to refuse him as long as possible.

But his relentless wave of kisses, embraces, kindness, and warmth made her melt away into an oblivious state of comfort and well being, as though he covered her with a blanket of rose petals. Perhaps this is what they mean by Oriental hospitality. She had never felt that way here in the civilized West. She fell in love with him the day she met him. She wanted to believe.

But the dream stopped abruptly when she finally read the wall.

She was a wife, always playing a supporting role. That’s what she was taught to do. That’s what she did. That’s what she had done for the past 40 years. Giving her life away.

But she was never anyone’s legitimate. She never held that title. She has an aversion to prisons. She does not recognize any authority on how, when, and who she should love. She does not follow logic, planning, or strategy. She loves with all her heart, and every ounce of energy she possesses. She sheds blood, sweat, and tears in abundance for the opportunity to touch that holy grail of grails.

That fierce, passionate commitment to freedom of expression and independence of mind and body comes from a little girl whose quest for justice led her to the only truth she knows: Her intuition. She wields a fearless, raging dragon’s fire that smoulders behind the lady’s corporate wardrobe, and burns bridges…

But Pharaoh, whose empire she would have helped to build, is already someone else’s husband. As such, it is uncanny to read on the wall that she should be no more than the mistress of a man promised to a wife not yet chosen.

And so there she was, looking regal in the black leather coat with the fur collar that he said made her look sophisticated, with the right make-up on and hair in place, all pretty and prepped to see him off at the airport. Like the day he was freshly shaven for her when they met at Guy metro, making her feel so special, she wanted to look her best for him. She knew she looked good because she got looks all the way there. And in her bag, she had books in French carefully chosen for him, in case he wanted to continue while there. She was breaking all the rules.

Everybody saw her at the airport, because she spent 30 minutes combing the check-in aisles, waiting areas and departure gates looking for him. Everybody saw her, except him. Because he had arrived early and was already behind the big blue wall that separates those who are leaving from those who are staying. He had left a laconic message on her home line because he had promised to do so. He didn’t think to call her cell phone. He wasn’t looking to see her.

He was already gone, days ago. For days, he was already in another woman’s arms, far from hers.

Who is to say what measure of devotion should be given, how much to commit, when an emotional investment is good or bad? For those who know no limits, there is always the possibility of crushing defeat, and the humiliation of a bad call. But the temerity of the little girl pushing the woman through walls of fire is risking life itself to get a glimpse of an illusive treasure that she has always been denied.

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L’Amour, Holy Grail


Love, a many splendored thing they say 
At 25, youngblood knows not of love’s ransom
Rather revels for fantasy and positions
Delves blindly into the cave of unreason
And the depth of his own soul’s distant womb
But the fare he will not pay 
 
At 65, he cares not for gymnastics
But longs for the pains of passions forlorn
Paths not dared nor wandered, nor fathomed
Sweltering smells of lush underworlds
Sultry wetlands still unknown
 
 
La chair humide de l’organique fait l’unanimité
Faible de sa condition animale, l’humanité
Ne peut s’empêcher de vouloir la consommer
Froment de la vie, se soulevant au vent
Se dressant comme un menhir à la liberté 
 
Ses bulles ferventes soufflant la vie dans le pain 
Qui donnera la vie à un destin
Et fera à son tour fermenter un levain
Qui permettra de croire à demain
Et satisfaire une insatiable faim  
 
Comme un geyser qui ne veut cesser de gicler
En dépit des contraintes, interdictions et répressions
Comme une force de la nature
À qui on ne refuse la progéniture
Son amour sans peur ni défense
 
Bondit, fuse, danse, voulant franchir
Les pentes glissantes jusqu’au sommet de l’elixir
Pénérer dans les moites noirceurs
Jusqu’au fond du désir
Jusqu’au commencement
 
Passion, indomptable tigresse
Reine devant tes sujets
Trouveras-tu ton souverain
À la quête du saint graal
La peine ou le mérite d’un reigne sans fin
 
© Sophie Pascal 14 février 2011
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Douleur exquise Amour-Amitié


Dans une quinte de larmes chaudes provenant des profondeurs d’un volcan éteint maintenant, elle s’était souvenue, comme ça, au milieu du paragraphe d’un auteur qu’elle lisait, de l’importance d’une relation qui avait meublé ses jours et ses sentiments pendant deux mois de bonheur suivis de deux mois d’abandon et de souffrance.

Elle était passée par toutes les émotions, tous les jours une nouvelle, tous les jours un nouveau sentiment, une nouvelle blessure, une nouvelle lecture, une nouvelle révélation, une nouvelle compréhension des événements. Parce qu’elle ne voulait pas se contenter d’une réaction émotive. Elle voulait apprendre, elle voulait évoluer. Ce fut la plus dure épreuve de sa vie, parce qu’il y a eu une cassure, une brisure, une trahison, et parce qu’elle représentait, cette relation, un exutoire, un dénouement cathartique de toutes les autres trahisons. Mais elle voulait grandir et comme elle essayait tant bien que mal de se hisser au de-là de ces entailles dans son psyché qui ont marquées sa vie, elle voulut tenter de passer à travers celle-ci avec philosophie. Alors elle avait laissé toutes les émotions et toutes les perceptions, toutes les douleurs et toutes les colères, passer à travers elle.

Il y avait une faille dans leurs systèmes de défense à eux deux. Chez lui c’était l’absence de l’instinct de survie. Il s’était confié à elle, avait tout lâché, se montrant tout vulnérable. Et elle, avait un besoin absolu de se sentir utile pour justifier sa présence sur terre.

C’était un Français, jeune cinquantaine, dépressif, avec un énorme besoin de parler, et qui, de surcroît, s’intéresseait à ce qu’elle pouvait dire et penser. Chose extrêmement rare sur ce continent dépravée de conscience relationnelle… Elle, l’européenne batarde s’était livrée aussi, donc. S’ensuivit une relation qui glissa inévitablement dans l’intimité. Intime amitié des plus platoniques, évidemment. Bien que, tout de même, toutes les fenêtres aient été ouvertes sur les occasions qui pourraient, éventuellement, se présenter… Car il y avait tant d’amour dans cette amitié, tant de joie, de rires, de foutaises, de mièvreries, de confidences, de connivences, de confiance, de besoin…

La désignation d’amour-amitié avait été prononcée, propulsée et maintenue, par la confiance. Confiance dans l’écoute, confiance dans la divulgation, complicité dans les confidences. Pris dans le tourbillon de leurs crises identitaires — lui avec son démon du midi, elle en crise existentielle pré-ménopausée — ils s’étaient permis un retour à leurs adolescences, donnés libre accès à leurs fantasmes et à leurs douleurs d’antan. Il lui racontait ses frasques avec les filles qu’il aurait voulu séduire et toutes celles qu’il a séduites mais dont il ne voulait pas. Il disait avoir « besoin » d’elle, pour son écoute et pour sa capacité de traduire ses sentiments en paroles. Elle avait besoin de lui parce qu’il lui permettait, par sa diction parfaite et sa culture érudite, de se réconcilier avec sa France inconnue et son héritage contesté et contestable. Elle apprenait avec lui à être française.

De plus, il ressemblait à tous les hommes de l’entourage de ses parents, ces hommes qui, par conséquent, sont le reflet d’une génération mais aussi de la présence de son père dans sa vie. Elle avait pu s’exprimer avec lui, son quinquagénaire, comme elle ne pouvait pas le faire avec son père. Elle a pu vérifier certaines choses, en lui confiant ses plus douloureux souvenirs. Son indignation la rassurait. Sans jamais qu’il ne la prenne dans ses bras, il lui offrait la consolation de sa chaleur humaine. Elle ne voulait qu’une chose : se blottir contre sa poitrine. Il a représenté, pendant ces quelques moments, ces quelques mois, une sécurité paternelle qu’elle ne connaissait pas. Lui ne voulait qu’une maîtresse, quelqu’un par lequel se regonfler l’égo.

Il l’avait choisie pour sa facilité d’approche et pour son absence de jugement. Il ne lui a jamais vraiment plu, seulement elle avait voulu l’empêcher de se jeter dans le fleuve St-Laurent et elle s’était mise entièrement à sa disposition pour le maintenir en vie. Assurément, de la projection… Elle l’avait aimé parce qu’il lui semblait bon et parce qu’il l’avait écoutée. Il l’avait cru, mais sans jamais comprendre la valeur de ce geste…

Il l’avait créditée de lui avoir sauvée la vie. Elle lui avait dit la même chose. Ils étaient certifiés meilleurs amis.

Fondé sur un nuage d’espérances, de fantasmes et d’idéaux, cette relation fut une merveilleuse trêve de réalité, un bonheur salutaire dont il fallait certes revenir.

Il s’était ressaisi, ou son épouse l’a fait pour lui — ce qui est plus probable — et la porte s’était refermée brutalement, lâchement, sur elle, dans un silence meurtrier.

C’était la trahison des trahisons, celle de la destruction d’une des plus profondes amitiés jamais vécues, pour les « mauvaises raisons ». Mais personne n’a de pitié pour les femmes qui aiment des hommes mariés et elle n’a eu d’autre choix que de s’enfoncer dans un néant absolu, se fondre dans l’abysse du silence qui est l’ultime rupture avec son propre passée, l’indulgence de ses fantasmes et de ses conflits internes rafraîchis et non-résolus, et ce lien indélible entre l’amour de l’homme et de la mère, la patrie…

Elle est sortie chancelante de sa torpeur, de sa douleur exquise pour avoir aimé et être abandonnée, en ressortant ses antidépresseurs du placard où ils reposaient tranquillement depuis plusieurs années. Et aussi en recensant les inaptitudes du personnage, son humour ringard, sa francité exaspérante, son allure de clochard, sa propension à l’utiliser pour se complaire dans son auto-dépréciation. Et elle est allé voir la pièce de Sophie Calle, auteur qu’il lui avait fait découvrir…

Aujourd’hui, dans une « quinte » de pleurs, comme une fleur qui ose pousser à travers une dalle de ciment, elle se remémore cette relation avec un homme marié qui, dans l’urgence du moment présent, avait été un baume sur sa blessure.

Elle s’abreuvait à sa parole instruite, à sa saveur européenne, à son intelligence et à sa sensibilité française. Comme il ne cessait de le lui dire, elle l’idéalisait… Elle effectuait son propre transfert…

Et lui, sans faire exprès, par sa francité et sa lâcheté, par sa réceptivité et sa déception, par son regard quasi-paternel et son amour passager, il lui avait montré la clé du nœud qui étrangle sa vie depuis 40 ans.

Il est reparti en France 9 mois plus tard avec son épouse, le couple intact, en saluant tous et chacun et les remerciant pour leur amitié et leur soutien toutes ces années. Il a pris le temps de les remercier tous. Sauf celle qui, selon ses propres dires, lui avait sauvé la vie.

SP

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Sur les ailes d’un ange: 20e anniversaire d’un exil et d’un retour


C’était il y a 20 ans, aujourd’hui, que je me suis retrouvée en exil et chez moi en même temps, arrivée dans mon pays d’origine après ce qui aura été les derniers jours d’une première étape de ces 20 années que l’on peut qualifier, avec le recul, de sabbatiques…

Le train Amtrak sur lequel nous étions depuis 2 jours déjà, s’était arrêté à Washington, seul arrêt entre la Nouvelle-Orléans et Montréal. Dans le noir du milieu de la nuit, j’avais une vue imprenable sur les dizaines de rails et de wagons entreposés de l’autre coté de la vitre, à la gare de cette imposante ville américaine. Trois longues heures à attendre avant de repartir. Je ne serais saine et sauve — ou peut-être juste sauve — qu’à l’arrivée en sol canadien… J’avais peur qu’il me retrouve, même là, au beau milieu du trajet.

J’avais eu tellement peur que j’ai décidé de partir en train plutôt qu’en avion. Je m’étais dit qu’il irait d’abord à l’aéroport. Alors j’ai voulu faire des réservations de train pour le samedi 12 ou le dimanche 13 car il arriverait lundi matin pour prendre son fils lundi et mardi, tel que l’avait ordonné la cour. Les trains étaient pleins, aucun moyen de confirmer une réservation. On m’a dit de rappeler en fin de semaine, on ne savait jamais…

J’avais pris les photos de passeport en cachette mais vendredi 11, je n’avais toujours pas tous les documents — manquait encore mon passeport français… Était-ce ce jour-là que le propriétaire de la boîte pour laquelle  je travaillais dans l’enceinte du magasin Kinko’s sur Carrollton m’avait avoué qu’il avait été approché par mon ex pour se faire dire des choses désobligeantes à mon endroit? Je ne sais plus. Mais l’étau se refermait sur moi. L’affable gestionnaire m’avait dit qu’il ne l’avait pas cru (ils étaient tellement gentils, lui et sa femme, qu’ils m’avaient invitée à passée Noël avec eux, voyant que j’étais seule, mon jeune fils chez la famille de l’ex). Mais c’était bien ce vendredi-là, en fin d’après-midi, que la dame du Consulat de France à la Nouvelle-Orléans est venue me livrer, en personne, à mon lieu de travail, mon passeport français, avec l’ajout de mon enfant à l’intérieur. Quelle formidable preuve de bonté et de solidarité. Connaissait-elle la portée de son geste?

Je pouvais maintenant partir. Mais quand? Il fallait que ce soit avant lundi 9h. Toujours pas de réservations.

J’ai passé la fin de semaine dans un état nerveux indescriptible. Je sais que je prépare un geste de trahison terrible à l’endroit de son père mais aussi que si je ne le fais pas, je suis certaine de finir 6 pieds sous terre et mon fils dans le fin fond d’un bayou où personne (de chez moi) ne le reverra. Je remplie mes boîtes en silence.

Dimanche après-midi, j’appelle Amtrak encore une fois. Le dernier morceau du puzzle prend sa place. Deux sièges viennent de se libérer pour le départ de lundi 14 mai 1990, 9h. Le voyage prendra 3 jours. Arrivée à Montréal le 16 mai 1990. Pour une nouvelle vie. Pour la vie, tout court.

Vers 16h dimanche, ma voisine d’à coté m’accompagne en camionnette pour m’amener à la gare et enregistrer ma vie en 31 boîtes, dont une grosse contenant le tricycle rouge acheté par le père de mon fils. Mon cœur est fébrile et lourd en même temps. Je sais que les événements ne m’appartiennent plus. J’avais tout fait, tout en règle et dans le meilleur respect possible des parties. Le reste n’était plus de mon ressort. Quelque chose de surnaturel avait pris le dessus.

Dimanche soir son père appelle, il doit le sentir, qu’on s’apprête à partir. Je suis en larme mais je ne dis rien. On s’échange quelques mots d’une rare tendresse. Je lui dit que son fils n’appellera jamais personne d’autre “papa”. Il me dit qu’il sait que je lui apprendrai l’amour. Seulement moi, je sais que demain matin, quand il viendra frapper à la porte, nous ne serons plus là.

On a quitté la maison à 7h du matin le 14 mai 1990. J’ai pleuré toutes les larmes de mon corps et de mon âme en quittant les étendues marécageuses de la Louisiane, en pensant à l’homme que j’aimais mais dont j’avais peur, qui viendrait à cette heure-là à la porte de ma demeure et qui trouverait ce mot, le poème “If” de Rudyard Kipling.

Au levé du soleil le 16 mai, 1990, nous passions enfin la frontière entre les États-Unis et le Canada. Je lis une pancarte qui fera gonfler ma fierté identitaire, affranchir mes aspirations de vie en sécurité et amener une décharge catharsique intense, comme celle que l’on peut imaginer chez un réfugié politique ou un exilé de guerre. BIENVENUE AU CANADA – WELCOME TO CANADA. J’avais très mal, mais je venais de garantir ma sécurité et le bien-être de mon fils. Quel prix à payer. Quelle déchirure.

Descente à la gare de Montréal, puis un autre train, celui de VIA Rail, direction Ottawa, où je suis accueillie avec mon fils de 2 ans et demi et mes 31 boîtes par un ami d’enfance, Marc VandenBorre, et son épouse, Hélène. Nous sommes hébergés chez eux pendant quelques semaines, le temps de trouver de quoi survivre de nouveau. C’est eux, comme un retour aux sources, aux eaux vives des excursions de campings qui ont nourris nos enfances, qui ont été les premiers à me revoir au Canada. Je n’étais pas forcément belle à voir. Je ressemblais à “une chienne battue”, selon Marc.

Tout ce trajet avait été planifié par moi mais  avait été rendu possible par des forces au de-là des miennes. J’avais été sur le bord d’un précipice et au moment de sauter je quittais sur les ailes d’un ange. Arrivée en terre souveraine par le destin, la bonne volonté et le crédit sur ma carte American Express, j’avais dit à Marco, “la vie, ce n’est pas ce qui t’arrive qui importe, mais comment tu y réagis.” Et j’ai appris à mon fils à maintenir en tout temps le droit chemin dans son cœur, sans quoi on ne reste pas sur les rails.

Les prochaines 20 années seront difficiles, comme les premières 20 l’ont été. Mais ça c’est un autre chapitre.

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